Namibie
La Namibie, c’est le grand vide africain : un pays deux fois plus vaste que la Californie, peuplé de moins de trois millions d’habitants, où le plus vieux désert du monde rencontre une côte des Squelettes jonchée d’épaves et de colonies d’otaries, et où les dunes de Sossusvlei comptent parmi les paysages les plus extraordinaires de la planète. Le pays a aussi développé l’un des modèles de tourisme de conservation les plus aboutis du continent.
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Conseils d’initiés
La Namibie accueille moins de deux millions de touristes par an, un chiffre modeste pour un pays qui a tant à offrir, si bien que le sentiment de nature sauvage y est authentique, et non mis en scène. On peut rouler quatre heures dans le Damaraland sans croiser un seul véhicule. On peut dormir dans un lodge du désert dont le plus proche voisin est à 50 kilomètres. Des espaces intacts à cette échelle se font de plus en plus rares ; la Namibie est l’un des derniers endroits où ils restent la norme.
Avec leurs 300 mètres, les dunes du Namib autour de Sossusvlei comptent parmi les plus hautes du monde, et leur sable teinté d’oxyde de fer passe de l’orange profond au rouge ardent sous la lumière rasante de l’aube et du crépuscule. L’ascension de la Dune 45, à 45 kilomètres de la porte de Sesriem, exige 30 minutes d’effort sur une arête effilée, récompensées par un panorama orange jusqu’à l’horizon.
Deadvlei est plus saisissant encore. Cette cuvette d’argile blanche, accessible à pied depuis le parking de Sossusvlei, abrite des acacias morts il y a environ 900 ans, lorsque la migration des dunes a coupé leur cours d’eau : ils se dressent toujours, l’air du désert étant trop sec pour qu’ils se décomposent. Argile blanche, squelettes d’arbres noirs, murailles de dunes orange sur trois côtés. Les photos semblent retouchées. Elles ne le sont pas.
Le parc national d’Etosha s’organise autour du pan d’Etosha, un immense lac salé plat d’une blancheur aveuglante, ancienne mer intérieure asséchée par un soulèvement tectonique il y a environ cinq millions d’années. À la saison sèche, les points d’eau de la bordure sud attirent des centaines d’éléphants, des troupes de lions entières, des rhinocéros noirs et blancs, des girafes et des zèbres. Au camp d’Okaukuejo, le point d’eau éclairé permet d’observer les animaux venir boire toute la nuit depuis la clôture : l’un des dispositifs d’observation les plus accessibles et les plus fiables d’Afrique.
Les éléphants du désert du Damaraland et de la vallée de la Hoanib survivent dans des paysages qui reçoivent moins de 25 mm de pluie par an. Ils parcourent d’immenses distances entre les points d’eau, creusent le lit des rivières asséchées avec leurs pattes pour trouver de l’eau et se nourrissent de végétaux que leurs congénères de Chobe ou d’Amboseli dédaigneraient. Voir une famille surgir d’une colline rocheuse et descendre en silence dans le lit d’une rivière à sec, c’est l’une des plus belles rencontres animales d’Afrique.
La côte des Squelettes, qui doit son nom aux ossements de baleines blanchis et aux épaves de navires dont les marins n’avaient aucune chance de survivre dans ce désert sans eau, n’est aujourd’hui accessible que par les lodges de safari desservis en avion, qui opèrent sous des quotas de concession stricts. Cape Cross, un peu plus accessible par la route, abrite une colonie de plus de 100 000 otaries à fourrure du Cap. Le vacarme, l’odeur et l’ampleur du spectacle n’ont pas d’équivalent sur le continent.
La Namibie a été pionnière en Afrique avec le modèle des conservancies communautaires : une loi de 1996 a donné aux communautés rurales le droit de gérer la faune de leurs terres et d’en tirer profit. Aujourd’hui, 86 conservancies communautaires couvrent 20 % du pays. Guépards, lycaons, lions du désert et rhinocéros noirs y sont plus nombreux, parce que les communautés qui vivent à leurs côtés ont un intérêt financier direct à leur survie. Séjourner dans un lodge de conservancy est l’un des moyens les plus directs, pour un voyageur, de financer un modèle de conservation qui fonctionne.
Quand partir
De mai à octobre (saison sèche)
La saison sèche (de mai à octobre) est idéale : la faune se concentre autour des derniers points d’eau (les meilleures observations de l’année), les paysages désertiques sont à leur apogée et l’humidité quasi nulle rend même les journées chaudes agréables. De juin à septembre, c’est la haute saison, avec des nuits fraîches. La saison des pluies (de novembre à avril) apporte les rares averses du Namib, de spectaculaires orages sur les dunes et un pan d’Etosha reverdi, transformé en zone humide saisonnière qui attire d’immenses colonies de flamants.
L’essentiel avant de partir
Visa
Pas de visa pour un séjour de 90 jours maximum pour les ressortissants américains, britanniques, européens, canadiens et australiens. Le passeport doit comporter au moins une page vierge.
Réserver le voyage
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Où dormir
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